Ouganda : une école de village, des élèves, des espoirs

L'école du village en Ouganda dans laquelle j'enseignais l'utilisation d'un ordinateur, Word, Excel et PPT

L’école de village en Ouganda où je travaillais était dans un village au nom imprononçable. Pour y aller, la seule solution était de monter sur la moto de Godfrey. C’est un tout petit village où la quiétude règne. Pas de bruit de moteur, pas de circulation dangereuse, juste des rires d’enfants, des femmes discutant dans la seule rue de terre ocre, et des hommes échangeant leurs idées autour d’un thé bien chaud à l’ombre d’un arbre. Une vraie vie dans un village ougandais, paisible et chaleureuse. Un véritable paradis sur terre.

Cette école de village en Ouganda n’accueille plus d’élèves, faute d’inscriptions suffisantes. Elle dispose d’une salle avec une machine à coudre pour celles et ceux qui veulent apprendre à s’en servir, et de deux salles de classe. Le directeur reste en poste, même sans élèves, tandis que les enfants font maintenant des kilomètres à pied, matin et soir, pour aller dans les écoles des villages voisins.

Tous les soirs, quand Godfrey me ramenait à la maison, les enfants attendaient mon passage pour avoir un signe de ma part. La nouvelle de la présence de « Nayiga » (mon prénom ougandais) s’était répandue rapidement. Tous les soirs, j’avais droit à mon : « Nayiga hey ! »

Tous les jours, en me rendant dans cette école de village en Ouganda ou en rentrant le soir après les cours, je m’émerveillais devant les magnifiques paysages de ce village perdu au milieu d’une région splendide du sud-ouest de l’Ouganda. Je croisais des enfants avec leurs bidons jaunes remplis d’eau, parcourant des kilomètres pour cette denrée si vitale, des hommes marchant à côté de leur vélo, qui ne leur servait qu’à transporter diverses denrées, ou encore de tout petits enfants jouant dans les cours de maisons. Toutes ces scènes de vie dans un village ougandais m’enchantaient, vraiment.

Le long chemin qui mène à l’école

Le samedi matin, dans les mêmes locaux de cette école de village en Ouganda, je donnais des leçons aux enfants des autres villages afin de leur faire découvrir ce qu’est un ordinateur. Certains venaient de très loin, marchant longtemps juste pour une ou deux heures de leçons. C’était une vraie forme d’enseignement en milieu rural en Ouganda, dans toute sa simplicité. Parfois, pendant les cours, certains s’endormaient et je respectais ces moments de repos. Leur vie est à la fois simple et compliquée, et je ne pouvais que les respecter.

Des étudiantes pas comme les autres

Les femmes à qui j’enseignais, dans la semaine, les rudiments de l’informatique, venaient ou non aux cours. Certaines n’avaient plus de temps entre le mari, les enfants, les poules, les cochons, le jardin, le maïs, les plantations de café ou la gestion du casino (ah ah). D’autres ne comprenaient pas la notion de régularité.

Le tripot du village !

Je me souviens d’avoir échangé avec une élève qui avait déjà un métier : elle était responsable du Casino du village. Elle m’expliquait que les hommes venaient jouer aux machines à sous… je ne comprenais pas. Un casino dans ce village ? J’ai demandé à le visiter et elle a accepté avec joie de l’ouvrir pour moi, et tout le monde nous a suivis dans des éclats de rire et de fierté d’en avoir un au village !
On s’est arrêtés devant une toute petite case, elle a ouvert la porte et… tadam !!! Une très vieille machine à jetons d’un autre temps, accrochée au mur, était la seule et unique machine du casino :-D. J’ai eu 3 ou 4 jetons offerts pour y jouer et perdre.
Je peux dire que j’ai connu le tripot du village.

Des bébés sans couche

Les jeunes mamans venaient avec leurs bébés, qui dormaient sur une mousse posée à même le sol. Il y a une chose qui m’a énormément surprise : les bébés ne portent pas de couche. Et pourtant… il n’y a pas d’“accident” sur les femmes qui les portent, même lorsqu’ils sont porté au dos.

J’ai posé la question, et pour elles, la réponse est simple : avec les couches, nous avons désappris aux bébés à signaler leur besoin. Eux savent encore le faire. Quand ils ont envie de faire pipi ou la grosse commission, ils se tortillent d’une certaine façon, et la maman comprend aussitôt !

Et j’ai pu le constater tout au long de mes journées. Dès que la maman le sent venir… hop, elle l’écarte d’elle. Et… c’est le sol qui récupère 😄
Quand c’est possible, elles sortent discrètement dans la nature, et tout se passe bien.

Du coup, quand je suis rentrée en France, je me suis documentée sur le sujet et, alors que je n’en avais jamais entendu parler, il s’avère que c’est très bien documenté et que c’est tout simplement l’Hygienne Naturelle Infantile (HNI). Très interressant à lire !


Cérémonie de remise de diplôme

Pour celles qui ont persévéré, l’ONG a organisé une remise de diplômes, et voir leur fierté dans leurs yeux a été un moment inestimable de joie pour moi. On se rend compte de l’importance de leur ouvrir un monde jusque-là inaccessible. Leur permettre de postuler pour un emploi, de pouvoir dire : « Moi, je sais faire. » En temps normal, elles n’ont accès à rien et doivent gérer H24 la maison et les enfants. Leur offrir cette parenthèse dans leur vie dans un village ougandais a été un pur bonheur.


Même si j’ai compris que leur vie ne changera probablement pas — et avec les nouvelles que je reçois de temps en temps, je sais qu’elle n’a pas changé — je reste heureuse de leur avoir offert cette petite brèche dans leur quotidien, dans un village ougandais.

Je sais, en revanche, que moi j’ai changé. J’ai beaucoup appris de tous ces partages simples et si réconfortants.

Je dis souvent que pendant ce voyage, j’ai reçu énormément d’amour, sans qu’on ne me demande jamais rien en retour…

Je suis arrivée dans un village bienveillant, entourée de gens adorables, loin de toute recherche de profit, quelle qu’elle soit.

LE VILLAGE ET L'ÉCOLE
Cuisine Ouganda, poisson séchés
Sylver-fishs séchés dans la cuisine
Maison ougandaise Ouganda
Djay Djay cuisne du poisson de vase
Saku aère le maïs
Saku aère le maïs pour le nettoyer

Ma vie en Ouganda en images

Je te partage un peu de mon expérience locale, un peu de mes balades, un peu de mes découverte et beaucoup mon ressenti.
L’Ouganda est un pays vraiment magnifique qui mérite d’être découvert, tout n’est pas parfait mais tout ces souvenirs sont pour moi en première position de tous mes voyages, aussi bien pour les paysages que pour les personnes que j’ai rencontré.

Ce que j’ai aimé et ce que j’ai détesté

La ville la plus proche du village

Le petit village dans lequel je vivais

Le village traversé par l’Équateur

Village de pêcheurs du Lac Victoria

Mon quotidien dans une maison familiale

Une bien étrange fête scolaire

Parc National du Lac M’Buro

Interminable et épique !

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