ÉDUCATION ET MILITARISATION DANS LES ÉCOLES RURALES EN OUGANDA
Ouganda : un régime totalitaire
As-tu déjà entendu parler des enfants soldats en Ouganda ? Eh bien, sans le vouloir (et vraiment pas), je me suis retrouvée plongée dans une revue scolaire des plus surprenantes.
Mon avis personnel
Je ne prétendrai pas écrire en profondeur sur le fléau des enfants soldats en Ouganda, un sujet que je ne maîtrise pas totalement. Ce dont je suis certaine, c’est de l’état de dictature dans lequel le pays est plongé depuis longtemps, et de leur vision désespérée sur ce problème. J’ai souvent discuté du sujet avec mes amis, et cet article reflète bien leurs opinions.
Passionnée par l’Afrique, j’ai bien sûr regardé des reportages sur ce thème, mais je n’aurais jamais imaginé assister, un jour, à quelque chose qui prépare cette réalité cruelle.
Quelques références
- L’Ouganda : vers un régime héréditaire ?
- Tenue ‘correcte’ exigée pour les fonctionnaires
- Les droits humains en Ouganda (Human Rights Watch)
- Humanium : Enfants d’Ouganda
Invitation à la cérémonie scolaire
J’ai été officiellement invitée à la cérémonie scolaire de l’école de Kawuma. J’ai revêtu mon gomesi bleu, tout comme D’Jay D’Jay.
Pour l’occasion, nous sommes parties en voiture avec un chauffeur. C’était un grand jour !
À mon arrivée devant l’école, une jeune fille en tenue militaire m’a accueillie de manière stricte et méthodique. J’ai immédiatement senti un malaise : on m’a interdit de porter mon sac, les enfants n’avaient pas le droit de m’approcher, et j’étais escortée par quatre adolescents en tenues quasi militaires. Cette mise en scène me paraissait drôle au début, pensant qu’elle n’était que temporaire.
Une journée très surprenante
Je pensais assister à une fête de fin d’année scolaire, similaire à celles que l’on connaît en France. Quelle erreur !
Cérémonie scolaire
Cette cérémonie n’avait rien d’ordinaire. Une partie des enfants était habillée en tenue militaire, tandis que les plus jeunes portaient des costumes colorés, bien plus à mon goût.
Un sentiment d’humiliation
Dès le matin, les activités se sont enchaînées. Les plus petits participaient à des concours étranges, comme vider une bassine d’eau sans les mains, ou encore se faire déshabiller puis rhabiller par un plus grand, dans un temps chronométré, afin de « devenir efficaces le matin ».
Les compétitions devenaient de plus en plus bizarres à mesure que les enfants grandissaient : concours de couture, de nœuds de cravate (les filles devaient les nouer sur un garçon le plus vite possible), préparation des bananes pour le matoké, et même des recherches dans un dictionnaire !
C’était déconcertant de voir les jeunes filles formées à être « serviables » pour les hommes. Quel sentiment d’impuissance face à ce désastre humain…
Du bruit et de la rigueur
Toute la journée, un animateur hurlait dans un micro, avec la musique à plein volume. Les cris des enfants ajoutaient à l’ambiance, à la fois festive et épuisante.
J’étais assise sous la tente officielle, où bouger était mal vu. J’y suis restée des heures entières ! Le repas, servi à l’élite (dont je faisais partie, eh oui), s’est déroulé dans une petite salle de classe, sur des bancs scolaires en bois. Ce fut un repas orchestré à la minute près.
Pendant que nous dégustions des plats locaux, les enfants faisiat sagement la queue pour arriver aux gamèles, toujours sous un soleil de plomb, et se contentaient de riz. Cette différence m’a frappée, mais au moins, ils avaient quelque chose à manger, ce qui n’est pas toujours assuré pour eux. J’ai dû prendre sur moi pour ne pas pleurer.
Écoles ougandaises sous influence militaire
Puis, l’inimaginable est arrivé. Ce que j’avais vu en arrivant n’était que le début. Pendant des heures interminables, j’ai dû assister à une parade militaire impeccable. Ces adolescents, garçons et filles, portaient de longues baguettes en bois pour simuler des armes, ils chantaient des hymnes militaires et défilaient comme de vraies troupes gouvernementales.
Ils sont conditionnés pour devenir des enfants soldats si besoin …
Ce n’était pas un jeu. Ils subissent un entraînement rigoureux.
Depuis le matin, quelques « élus », baguettes en main, faisaient régner la discipline. Les enfants, restés debout sous le soleil toute la journée, observaient et encourageaient bruyamment les autres participants. Ils devaient également respecter une ligne imaginaire sous peine de recevoir des coups de baguette.
Je n’ai pas compris tout cela sur le moment. Alors, en rentrant, j’ai demandé pourquoi… La réponse fut simple : « Ils sont prêts à se battre si nécessaire, et c’est une fierté pour eux. »
Folklore ougandais : couleur, danse et joie
Enfin, un moment de soulagement : des danses folkloriques ont illuminé la journée. Couleurs, sourires, chants et joie ont inondé la cours d’école. Je ne savais plus où donner de la tête tellement je ne voulais rien manquer de cet enchantement.
En Afrique, il est courant qu’un spectateur, impressionné par un danseur, lui glisse de l’argent dans son costume. Cette pratique encourage les danseurs à continuer jusqu’à l’épuisement. Ce jour-là, j’ai pu en être témoin à plusieurs reprises.
Qui dit concours dit récompense
Après tout cela, la remise des prix fut surprenante : des bassines pour les classes gagnantes et… le cadeau suprême, une chèvre !
Immersion totale
Cette journée a été une immersion totale dans la culture locale, bien différente de ce que j’imaginais, mais infiniment enrichissante. Leur résilience est impressionnante, tout comme leur courage.
La journée a été à la fois colorée, épuisante, et parfois inconfortable pour moi. Je sais néanmoins que pour Kawuma et D’Jay D’Jay, ce fut une grande fierté de m’avoir à leurs côtés. J’ai honoré cette invitation, même si je sais que je n’y retournerais pas une seconde fois. Je sais que ces enfants ne sont pas , au moment de cette fête, des enfants soldats, mais ils sont conditionnés pour le devenir un jour et cette idée m’est insupportable.
Nous sommes rentrées à pied avec toutes les copines, dont les conversations – incompréhensibles pour moi – reflétaient la fierté d’avoir assisté à cette journée.
D’Jay D’Jay, membre d’honneur, faisait partie du jury. À chaque vérification de tâche, l’animateur prononçait un discours en son honneur.
Quant à la chèvre, je ne sais pas ce qu’elle est devenue… et je préfère ne pas le savoir.
Ma vie en Ouganda en images
Je te partage un peu de mon expérience locale, un peu de mes balades, un peu de mes découverte et beaucoup mon ressenti.
L’Ouganda est un pays vraiment magnifique qui mérite d’être découvert, tout n’est pas parfait mais tout ces souvenirs sont pour moi en première position de tous mes voyages, aussi bien pour les paysages que pour les personnes que j’ai rencontré.
Ce que j’ai aimé et ce que j’ai détesté
La ville la plus proche du village
Le petit village dans lequel je vivais
Le village traversé par l’Équateur
Village de pêcheurs du Lac Victoria
Mon quotidien dans une maison familiale
La petite école dans laquelle j’enseignais
Parc National du Lac M’Buro
Interminable et épique !
