Kumasi
L'expédition à Kumasi
Kumasi Ghana, située à 278 kilomètres d’Accra, est la deuxième plus grande ville du Ghana et le cœur culturel du pays, nichée dans la région Ashanti. C’est une ville fascinante, riche de son histoire et de ses bâtiments traditionnels Asante inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO. Avec plus de 3,3 millions d’habitants, la langue la plus parlée ici est l’Akan Twi. Ce voyage promettait d’être simple : un Uber jusqu’à la gare de bus nationale à Accra, puis un trajet direct jusqu’à Kumasi. Facile, non ?
Nous sommes parties vers 8h30 de la maison, avec l’espoir d’arriver dans l’après-midi. Mais rien ne s’est passé comme prévu. Bien que Kumasi ne soit qu’à 278 kilomètres, le voyage a duré bien plus longtemps que prévu… Nous sommes arrivées tard dans la nuit.
Tout a commencé à la station de bus où nous avons inscrit nos noms sur une liste de passagers. Pas de réservation possible, et environ une centaine de personnes devant nous dans une salle non climatisée, ouverte à la chaleur accablante. Nous avons attendu trois heures, assises à regarder les bus arriver et repartir. Un bus annulé, un autre plein, et finalement, au troisième, c’était notre tour.
Après avoir pesé nos bagages sur une balance pour bétail (oui, oui), nous avons enfin embarqué. Quelle surprise en montant dans le bus ! Il était spacieux, luxueux, avec des sièges confortables, une climatisation parfaite, des toilettes fonctionnelles (chose rare ici) et même des écrans TV. J’étais vraiment impressionnée. Un contraste total avec ce à quoi je m’attendais.
Le trajet, cependant, fut long et pénible. La route est en très mauvais état, et nous avons roulé beaucoup plus lentement que prévu, atteignant Kumasi bien plus tard que l’horaire annoncé. Arrivées de nuit, nous nous sommes retrouvées seules à la gare, sans repères et avec peu d’options pour trouver un hôtel. Heureusement, la dernière personne présente nous a aidées à prendre un taxi.
Nous avons logé au presbytère de la ville, un endroit sûr mais rudimentaire. La chambre ? Simple, avec un lit cassé, une armoire hors service et pas d’eau chaude. La surprise du séjour : l’odeur omniprésente de naphtaline, qui embaumait littéralement la chambre (interdite en Europe, mais ici c’était notre nouveau parfum !). Malgré cela, l’emplacement était pratique, à quelques pas du marché.
Le lendemain, nous sommes parties à la découverte de Kejetia, le plus grand marché aérien d’Afrique de l’Ouest. C’est une véritable fourmilière. Durant ces deux jours à Kumasi, nous n’avons croisé aucun autre étranger. Deux femmes seules, perdues dans un océan de milliers de personnes, ce n’était pas commun ! La partie la plus ancienne du marché était particulièrement impressionnante, mais nous n’y sommes pas restées longtemps, de peur de vraiment nous perdre dans ce labyrinthe.
Nous avons beaucoup marché, découvrant des scènes et des étals étonnants. L’après-midi, nous avons visité le Palais royal d’Asantehene, une pause bienvenue dans cette ville trépidante. L’endroit était calme, presque magique. Une vraie bouffée d’air frais après l’agitation du marché. C’est là que j’ai vu pour la première fois des lézards séchés en vente, un choc culturel ! Un vieil homme sympathique m’a expliqué que cela servait à la magie noire, pas à la consommation alimentaire. J’ai préféré ne pas poser plus de questions…
Nous n’avons pas mangé de la journée. Trouver un restaurant propre et fiable dans ce chaos semblait mission impossible. Alors, le soir, nous avons opté pour des chips et des biscuits achetés à l’épicerie locale. J’ai aussi découvert les meilleures noix de cajou et cacahuètes de ma vie !
Après une nuit sur un lit cassé et une tentative infructueuse de masquer l’odeur de naphtaline avec de la crème parfumée, nous avons pris un petit-déjeuner simple avant de retourner au marché. Cette fois, nous étions à la recherche du New Market, qui s’est révélé être un autre spectacle impressionnant : trois niveaux de marchands de tissus, accessoires, bijoux et vêtements. Malheureusement, comme souvent, beaucoup de produits venaient de Chine, sauf quelques bijoux locaux. Au rez-de-chaussée, l’odeur de viande fraîche sur des étals rudimentaires sans réfrigération a confirmé notre décision de ne toujours pas manger sur place.
Le troisième jour, nous avons terminé nos emplettes par quelques fruits locaux délicieux avant de rencontrer un Français à l’hôtel, une rencontre rare ici. Il voyageait en moto avec sa compagne après une année au Togo, direction le Sénégal avant de rentrer en France. Bavard et heureux de pouvoir parler en français, il m’a raconté tout son périple.
Le quatrième jour fut consacré au retour, et cette fois, nous savions déjà que le trajet prendrait toute la journée. Kumasi est une ville fascinante, mais le voyage… quelle épopée !
Ma vie au Ghana en image
Je te partage tout de même un peu de mon expérience locale, mes rares dépacements et beaucoup mon ressenti pour chacun de ces lieux avec des annecdotes.
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