MAISON OUGANDAISE

Ma Vie dans une Maison ougandaise : Conviviale et Inoubliable

Vivre dans une maison ougandaise fut une aventure inoubliable, mêlant rusticité, chaleur humaine et quelques surprises mémorables. La maison avait deux parties distinctes : une zone privée pour la famille et une chambre pour moi. L’espace commun comprenait un salon avec un canapé et deux fauteuils ayant bien vécu, ainsi qu’une table basse où je prenais mes repas et une grande pièce vide. Ce salon il avait tellement de vécu qu’il racontait des histoires à lui seul !

La grande pièce vide servait de dortoir pour la famille et les amis qui passaient rendre visite, tous couchés sur des nattes. Dehors, derrière la maison, une rangée de chambres mitoyennes étaient louées. Ces pièces uniques voyaient cohabiter colocataires et parfois même un Boda-Boda (moto-taxi) ! Imaginez la scène : un sac de riz posé à terre à côté du feu de bois fais à ême le sol pour chauffer l’eau, tout se faisait et se vivait dans cette seule pièce. Parfois, de la fumée sortait de la porte, je savais que le matooké cuisaient.

Les soirées et les week-ends étaient rythmés par les tâches ménagères et le lavage du linge devant la porte. La radio, dès 6h du matin, me réveillait bien trop tôt et continuait jusqu’à pas d’heure, rendant le sommeil un véritable défi lorsqu’on y rajoute le coq qui vient chanter sous la fenêtre. Les poules entraient et sortaient à leur gré dans l’indifférence la plus totale, laissant des traces au sol. Les visiteuses d’une des jeunes filles locataires pouvaient passer le week-end sur place, jusqu’à quatre à vivre dans la même pièce sans aucun confort.

Le bloc sanitaire au fond de la cour, à côté de l’étable des chèvres, est fait de murs montés sans véritable construction, non fermés sur le haut. Les toilettes étaient un simple trou, et la douche, un coin avec un petit trou d’évacuation pour l’eau, avec une très grande poubelle pour stocker cette dernière. Il n’y a  pas d’eau courante, c’est de la récupération dans des containers d’eau de pluie. J’avais de l’eau chauffée au feu de bois matin et soir, à des heures décidées par D’Jay D’Jay, donc je ne me suis jamais douchée quand je le voulais. Ce manque d’indépendance était parfois frustrant, mais on s’adapte à tout quand il le faut !

D’Jay D’Jay passait des heures dans sa cuisine, deux petits feux de bois au sol, entourés de sacs plastiques avec des épices et des poissons argentés séchant sur des bâtons. Elle y préparait l’eau bouillante pour le thé de la journée conservé dans des bouteilles isothermes, du manioc, des bananes plantains et mes spaghettis sauce tomate. Les moments de partage et de rigolade autour du feu étaient inoubliables. J’ai même cuisiné une ratatouille et un poulet au coco, découpé à même le sol à plus de 20h00, sans électricité. Imaginez-moi, une citadine, en train de découper un poulet entier avec une lampe frontale. Quelle scène !

Quand je ne travaillais pas, je rejoignais Saku dans ses plantations de maïs, de pommes de terre ou de manioc pour l’aider. Je ramassais des avocats, demandais aux voisins de récupérer des jackfruits (jacquier) en haut des arbres, surveillais la maturité des ananas, des mangues et des pawpaws. J’accompagnais également Kawuma, le petit fils de D’Jay D’Jay garçon de 12/13 ans, pour promener ou récupérer les chèvres, lui seul devait s’en occuper, chacun son rôle.

Sur les chemins, j’apprenais à contourner les points de magie noire, des zones à éviter sous peine de grand malheur. Que l’on y croie ou non, je ne prenais pas de risques. Et puis c’est tout de même impressionnant à vivre devant le regard inquiet et les avertissements protecteurs des copains.

Un dimanche, après 3 jours difficile (merci la tourista), j’ai été réveillée par des chants et des prières dans le salon. La congrégation de l’église était venue prier pour mon rétablissement. C’était une ambiance très particulière. Ensuite, j’ai participé à la procession qui a été organisée pour moi, visitant chaque maison pour un moment de prière et d’offrandes. Épuisée, je suis rentrée avec un souvenir indélébile de cette expérience. Je n’ai pas compris grand chose aux paroles de tout ce qui a été dit dans chaque maison, mais l’ambiance est particulière, toytes ces personnes m’ont offert un confiance incroyable en m’invitant à assister à leurs rituels. J’ai fais partie intégrante de leur vie. Merci.

Saku et D’Jay D’Jay m’ont montré toute la force des femmes. D’Jay D’Jay, à 84 ans, cuisinait assise par terre, penchée sur son feu, riant à gorge déployée, mangeait par terre et se relevait en un rien de temps. Parfois, je la soulageais de ses douleurs avec mes médicaments, et j’aidais Saku à soulager ses terribles rages de dents, qu’elle a finalement perdues par manque de soins et à cause de la malnutrition. Saku travaille pratiquement H24, il n’y a pas d’hommes dans la maison, elle gère tous les travaux toute seule.

Je garderai à jamais le souvenir de ces moments partagés, de ces rires et de cette incroyable résilience. Vivre dans cette maison ougandaise m’a appris tellement sur la vie, sur les gens, et surtout sur moi-même. Une expérience unique, remplie d’émotions, de défis et de merveilleux souvenirs.

Parfois quand je suis face à un petit soucis je repense à mes amis et le petit soucis s’estompe parce que je sais qu’il est minime et je me surprends à avoir envie d’y retourner ….

MAISON OUGANDAISE
Cuisine Ouganda, poisson séchés
Sylver-fishs séchés dans la cuisine
Maison ougandaise Ouganda
Djay Djay cuisne du poisson de vase
Saku aère le maïs
Saku aère le maïs pour le nettoyer

Rencontre avec les nomades Maasaï

Un jour, j’ai entendu Saku crier mon prénom depuis le devant de la maison. J’ai compris que c’était urgent. J’ai accouru et elle m’a pointé du doigt trois silhouettes au loin. J’ai compris le mot Maasai. Elle les a appelés très fort, ils sont arrivés et j’ai encore vécu un instant magique à échanger avec eux, tant bien que mal, entre leur mauvais anglais, leur dialecte et celui de Saku.

J’ai eu des explications sur leurs scarifications, leur vie, leurs femmes (peuple polygame), leurs enfants, leurs troupeaux et leur vie sur les routes à vendre des tongs. Évidemment, je leur en ai acheté deux paires. Le plus surprenant ? Ils vivent loin de tout, sont des nomades, mais ont un téléphone avec Internet et WhatsApp quand même ! C’est ce qui m’a permis de voir leurs familles en photo. Magique.

Étant contre le tourisme de masse je pensais ne jamais avoir l’honneur d’en rencontrer, c’était un rêve mais je ne voulais pas vivre cette expérience avec des personnes gangrénées par les touristes et toute ses dérives que l’on connait.
Et bien j’ai eu cette chance inouïe.

RENCONTRE AVEC LES MAASAI
Discution avec les nomades Massai en Ouganda
Chaussures de nomades mMassai en Ouganda
Rencontres avec des nomades Massai en Ouganda

Ma vie en Ouganda en images

Je te partage un peu de mon expérience locale, un peu de mes balades, un peu de mes découverte et beaucoup mon ressenti.
L’Ouganda est un pays vraiment magnifique qui mérite d’être découvert, tout n’est pas parfait mais tout ces souvenirs sont pour moi en première position de tous mes voyages, aussi bien pour les paysages que pour les personnes que j’ai rencontré.

Ce que j’ai aimé et ce que j’ai détesté

La ville la plus proche du village

Le petit village dans lequel je vivais

Le village traversé par l’Équateur

Village de pêcheurs du Lac Victoria

La petite école dans laquelle j’enseignais

Une bien étrange fête scolaire

Parc National du Lac M’Buro

Interminable et épique !

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